Résumé du Comité de Placement de Mai 2019

 

RESUME DU COMITE DE PLACEMENT DE MAI 2019

Le mois d’avril a permis aux actions de toutes les zones géographiques de délivrer des performances positives, avec une fois de plus les USA en tête (+4.2%). Le Japon, considéré habituellement comme un « safe heaven », a fermé la marche avec une performance de 1.6% sur le mois. Au niveau sectoriel, seuls les secteurs sensibles à la hausse des taux (Utilities, Real Estate) ou considérés comme défensifs (Healthcare) ont affichés des performances négatives. Tout ceci paraît logique dans un contexte où les investisseurs sont prêts à reprendre du risque. L’image est cependant bien moins positive si l’on regarde les performances sur les 2 premières semaines de mai. En cause, les tweets de Trump relatifs aux négociations sur les accords commerciaux avec la Chine qui ont jeté un froid sur les marchés (en baisse de l’ordre de 5%).

Vous trouverez le résumé habituel dans le tableau ci-dessous (source M&G).

Macro Economie

L’indice des surprises économiques dans les 3 zones économiques (10 pays) indique clairement ce phénomène d’amélioration aux USA (ligne bleue) et en Europe (ligne rouge). La zone émergente (en vert) se détériore à partir de début mai car elle est la plus durement touchée par les tensions dans les négociations entre USA et la Chine. Il est à noter que malgré la reprise des « bonnes surprises », l’indice reste en dessous de zéro dans les 3 zones…

Index Citi10 major economies

Sell in May and go away ?

Chaque année, la même question se pose et la correction en Bourse en ce début de mois de mai pousse les investisseurs à se la poser de manière plus marquée cette année : faut-il vendre en mai ?

Ci-dessous un petit tableau récapitulant les performances historiques réalisées entre mai et octobre et comparées à la période de novembre à avril. Le constat est clair : la performance durant le printemps-été est nettement moins bonne que celle de l’automne – hiver…

Les tensions actuelles liées aux négociations entre les USA et la Chine, les valorisations assez élevées sur les marchés et le sentiment que nous sommes en fin de cycle économique nous laissent penser que nous devrions avoir cette année encore une période estivale qualifiable de « peu propice » aux actions.

Récession à venir dans les 12 mois?

Le modèle de la banque centrale américaine basé sur la courbe des taux US (constituée par les niveaux des différents taux d’intérêts offerts pour des obligations d’état américain entre 3 mois et 30) indique une probabilité assez importante de récession à l’horizon de 12 mois. Il est cependant à noter que par le passé, l’inversion de la courbe a été la conséquence de hausses des taux courts décidées par la FED (banque centrale américaine) qui a eu lieu dans des situations d’inflation élevée. Les décisions de relever les taux étaient donc basées sur la volonté de faire baisser l’inflation, avec pour conséquence un ralentissement de l’économie suivi d’une récession. Dans la situation qui nous occupe, nous sommes dans une configuration un peu différente car l’inflation est basse, perturbant donc la comparaison avec le passé.

Inversion de la courbe de taux ?

La courbe de taux s’est récemment modifiée et s’est inversée dans la zone de 3 mois à 3 ans (graphique ci-dessous). Ceci ne suffit pas pour conclure que toute la courbe va s’inverser mais il s’agit là d’un élément à surveiller qui pourrait confirmer ce que le modèle de la FED (graphique ci-dessus) suggère, à savoir un risque de récession…

Courbe de taux d’intérêts US (1 mois à 10 ans)

Or

Il est à noter que durant la petite correction de ce début du mois de mai, tous les actifs à risque ont corrigé, quelle que soit la région, le type de capitalisation (petites, moyennes ou grandes), les caractéristiques des sociétés (value, growth, …) ainsi que les obligations « High Yield »… Seul l’or a vraiment joué son rôle de décorrélation. Conserver quelques % d’or en portefeuille permet donc de rendre le portefeuille plus stable dans un contexte de marchés un peu plus volatiles.

CONCLUSIONS

A court terme, nous privilégions des achats sur replis provoqués par les négociations entre Chine et USA. Nous pensons qu’un accord devrait être trouvé dans les prochaines semaines ou tous prochains mois. Entre temps, la volatilité des marchés devrait offrir certains points d’entrée intéressants. Ceci est principalement le cas sur certaines sociétés holding et sur des fonds investissant en actions émergentes.

A un horizon de temps un peu plus long, la méfiance reste de mise car l’économie commence à montrer quelques signes d’essoufflement. La longueur des tractations entre Chine et USA, la solution à trouver au niveau du Brexit et les élections européennes pourraient amener certains acteurs à réduire leurs investissements, à postposer certains projets qui pourraient accentuer le ralentissement économique de la fin de cycle dans lequel on se situe.