Résumé du Comité de Placement de Avril 2019

RESUME DU COMITE DE PLACEMENT D'AVRIL 2019

Dans la foulée des mois de janvier et février, mars a délivré un return positif au niveau des actions mondiales. Les messages rassurants des banques centrales ont poussé les investisseurs à reprendre du risque après la violente chute des marchés subie durant le dernier trimestre de 2018 amenant les principaux indices boursiers à récupérer la quasi-totalité des pertes encourues précédemment.

Toutes les régions ont profité des marchés positifs, la Grande Bretagne dans une moindre mesure vu la situation compliquée dans laquelle le Brexit plonge le pays. Au niveau sectoriel, la baisse des taux provoquée par les politiques des banques centrales a logiquement profité aux secteurs de l’immobilier, de la consommation et autres secteurs offrant des dividendes intéressants. En revanche, l’aplatissement de la courbe des taux est défavorable au secteur bancaire car leur marge de transformation (différentiel de taux entre prêt à long terme et emprunt à court terme) se dégrade encore davantage.

Résumé habituel dans le tableau ci-dessous (source M&G).

Macro Economie

La croissance économique est toujours bien présente mais ralentit. Le FMI a révisé ses prévisions de croissance à la baisse (voir tableau) pour toutes les zones économiques sauf en Chine. En Europe la situation est la plus délicate avec une croissance constatée négative en Italie et nulle en Allemagne au dernier trimestre. Si les prévisions du FMI s’avèrent correctes, nous aurions bientôt deux grandes économies de la zone Euro qui pourraient se trouver en situation de récession.

L’indice des surprises économiques dans les 3 zones économiques (10 pays) indique clairement ce phénomène d’amélioration dans la zone émergente (en vert) alors que la situation se détériore le plus aux USA (ligne bleue). L’Europe (ligne rouge) quant à elle opère un petit rebond en avril après une forte détérioration fin mars.

Obligations

Les taux d’intérêts sont à nouveau à la baisse en mars, ce qui est logique compte tenu de la communication faite par les banques centrales en début d’année. Le Bund Allemand à 10 ans est retombé à 0.07% venant de 0.18% fin février. Il ne serait pas étonnant de voir les taux à nouveau en négatif à la moindre tension sur les marchés actions (principe des vases communicants).

Sur le front des emprunts à haut rendement, seule la poche des obligations émergentes semble rester intéressante : les taux y sont élevés (de l’ordre de 6% à 8% sur des émissions au rating B -BB avec des échéances autour de 4 à 5 ans), le contexte économique est porteur et la baisse des taux en USD est favorable à cette classe d’actif. En revanche, les emprunts « High Yield » européens n’offrent pas le rendement suffisant compte tenu du risque sous-jacent. Le graphique ci-dessous indique bien que les taux des obligations High Yield (ligne rouge– rating inférieur à BBB) que ceux des obligations « Investment Grade » les moins bien notées (ligne jaune -rating BBB-) ont encore baissé et n’offrent quasiment plus de rendement compte tenu du risque encouru.

Inversion de la courbe de taux

Nous revenons sur le thème, toujours bien d’actualité, de l’inversion de la courbe des taux aux USA (le taux à court terme plus haut que le taux à long terme). Pour rappel, ce n’est pas l’inversion de la courbe des taux qui provoque une récession (tout comme ce n’est pas la fièvre qui provoque la grippe) mais une inversion de la courbe des taux est un phénomène que l’on observe régulièrement avant une récession. Et comme une récession est généralement également anticipée par une correction boursière, voire un « Bear Market » (baisse de plus de 20% de l’indice boursier), il est toujours utile de surveiller la configuration de cette courbe de taux.

Vous trouverez ci-dessous un graphique illustrant :

  • les différentes périodes d’inversion de courbe correspondant à la zone sous la barre « 0% »
  • les périodes de récessions (zones grisées verticales)
  • les périodes de hausses de taux  (partie bleue de la courbe)

On peut dès lors constater que sur les 9 dernières périodes d’inversion de courbe de taux, 7 d’entre elles ont été suivies d’une récession.

Il est néanmoins nécessaire de mettre en évidence qu’il est très difficile d’estimer le moment auquel le marché va commencer à baisser après l’inversion de courbe. Le tableau ci-dessous illustre bien ce constat : dans 50% du temps, l’effet a quasiment été immédiat mais il a parfois fallu attendre plus d’un an avant le déclenchement d’un marché baissier. Et un an peut paraitre long quand on adopte une approche prudente dans un marché qui continue de monter…

Or, valeur refuge

Dans ce contexte de tensions diverses et de potentiel retournement des marchés d’actions, nous conservons en portefeuille une position en or au travers de trackers (ETC Gold). Cette position permet une réduction de la volatilité du portefeuille car l’or joue en général assez bien son rôle de valeur refuge. Le graphique ci-dessous (S&P500 en rouge, Or en bleu) illustre la bonne résistance de l’or dans un contexte de hausse des marchés boursiers, ce qui n’est habituellement pas le cas.

CONCLUSIONS

Nous pourrions reprendre nos conclusions du mois passé et ne pas y changer grand-chose, tant la situation est identique :

Des marchés qui montent avec des taux qui baissent (même s’il n’y a plus vraiment de place pour la baisse des taux en Europe) et des bénéfices qui ne montent pas. Tout cela rend les marchés plus chers mais le constat de la baisse des taux à long terme nous amène à maintenir notre exposition aux actions inchangée, c’est-à-dire en légère sous pondération.

Pour faire un bon usage des abondantes liquidités, nous investissons une partie de celles-ci en obligations émergentes car elles offrent un rendement attrayant dans un contexte de taux qui devraient rester bas encore longtemps.